Un jour, papa m’a dit: “Tu verras que la vie ce n’est pas toujours comme on voudrait qu’elle soit. Et ce n’est pas toi, avec tes 17ans tout mouillés de chaud que tu vas la changer…”
Mais, moi j’y croyais pas. Je ne croyais pas que la vie c’était si dur mais à la fois si simple… SI on y regarde de plus près, la vie c’est pas si dur que ça. La vie c’est surtout douloureux. Douloureux par les choix qu’on doit faire, douloureux par les torts que l’on fait. La vie c’est un truc qu’on te donne à la naissance, comme ça. Alors au début, tout le monde est heureux que tu es pris ce “cadeau” qu’est la vie… Alors toi, et beh, tu le saisis ce cadeau, parceque de toute façon tu n’as pas le choix. On ne te le donne pas, on te l’oblige. Alors tu ouvres les bras et tu pleures, tu pleures très fort parceque c’est ton premier souffle. Ta première respiration, les parents pleurent aussi parceque tu as respiré. Il doit surement y avoir tes grands-mères, tes grands-pères où qu’ils soient… Le génico à fait son travail, les sages femmes aussi… Alors beh tu grandis si tout va bien. Parceque parfois, en plus de t’offrir la vie et beh on t’offre un handicap, une insufisance, une maladie ou un manque voire un trop… Ca on ne l’a pas choisi. On a choisi de t’offrir la vie, mais pas le handicap. C’est la nature qui veut ça. Alors soit ce handicap te permet de grandir et d’évoluer comme un homme, plus ou moins bien ou alors, ta vie se raccourcie de jours en jours et tu meurs jeune ou ado. Alors pour toi, l’offre est restreinte. Mais, reprenons avec tous ces enfants à qui l’on fait le cadeau de la vie. Ils grandissent, innocents. Ils se cognent (normal), ils pleurent (normal), ils jouent et rient (normal aussi), ils grandissent quoi…
Un peu plus tard, en revanche, ils deviennent ados et c’est là, à ce moment même, qu’on se dit que la vie est douloureuse. Au début de l’adolescence, on découvre pleins de choses… On découvre son corps, on découvre le monde sous un autre oeil, on arrête l’adulation de nos parents parcequ’on se rend compte qu’ils sont comme nous: fragiles et maladroits. Au début de l’adolescence, c’est les premiers amours, les première déceptions, les premiers amis qui nous induisent en erreur. Le début de l’adolescence n’est pas non plus tout noir, c’est aussi les premiers gros délires entre amis, les premiers mots sur les carnets de correspondance mais qui nous font quand même rire, les premières cigarettes parceque ça aussi, c’est le début de la jeunesse. On est bien au début de l’adolescence puis il y a toujours un truc. Un truc qui fait mal, parceque on ne nous laisse jamais tranquille. Il y a toujours un truc vers la 5ème ou la 4ème qui vous colle une giffle et qui vous montre réellement que, maintenant, l’enfance c’est finie. Que maintentant on est ado et que dans quelques temps, on sera adulte. Pour certains c’est une grosse déception amoureuse, pour d’autre c’est un changement brutal de situation ( qu’elle soit amicale, sentimentale, familiale…). Certains se rendent compte qu’ils n’aiment pas ceux ou celles qu’ils voudraient aimer, d’autres se rendent compte que l’école ne les intéresse absolument pas, d’autres pensent qu’être quelqu’un ne veut rien dire, d’autres s’engueulent avec leurs parents constamment car ils en ont besoin… Il y a toujours un truc, toujours…
Et, à partir de ce moment là, la vie devient douloureuse. On prend des baffes sans cesse, et on encaisse les coups. On les encaisse sans se plaindre parcequ’on est trop fier pour ça. On la ferme et on fait fasse comme on peut. On en parle à nos amis ou à notre meilleur(e) ami(e), on sait qu’il est là mais il ne suffit jamais. Quand on est dans cet âge, on doit gérer beaucoup de choses, et les adultes ne s’en rendent pas forcément compte parcequ’eux ils sont grands et leur chemin est déjà bien entamé. Mais les ados sont la force de la vie en même temps. Les ados, ils ont pleins de trucs à faire vers 16/17 ans, ils doivent construire leur futur comme ils peuvent… Il faut faire les bons choix et pas les mauvais. Il faut se destiner vers une voix que l’on croit être la nôtre, il faut car si on ne le fait pas, on est des crétins qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire à 17ans… En même temps, on doit gérer notre vie amicale qui parfois est mouvementée. Les amis ont leurs problèmes aussi, et des fois on en prend plein la gueule pour pas grand chose. Les amis ça dure un temps, parceque les vrais sont rares. Les vrais à qui on dit tout, sont très rares. Alors les “juste amis” et beh on s’engueule avec, on se réconcilie jusqu’à la prochaine engueulade, et on se quitte. Parcequ’on change d’établissement et qu’on se perd de vue. Et parfois, ces amis, on veut plus leur parler, parcequ’ils nous soulent, c’est comme ça. Et enfin, il y a la vie sentimentale, la plus dure à gérer je crois… La plupart de nos amis à un petit copain ou une petite copine. Des fois on a qqun, nous aussi. Mais au bout d’un moment, on en a marre de lui et on le jette. Parfois, ça dure, et ça se brise, comme ça. Il y a trop de mal. Et parfois, c’est éphémère, la personne qu’on croyait bonne ne l’est finalement pas… Alors on doit en finir et relever la tête. On la relève parcequ’on veut continuer à avancer et que se saigner les veines, c’est pas toujours la solution… En étant ado, c’est aussi découvrir de nouvelles choses. L’alcool, le sexe, parfois la drogue… C’est à ce moment là, aussi, qu’on se croit adulte. On boit pour faire la fête, certes, mais parfois aussi pour oublier, oublier toutes ces choses qui nous font mal et qui nous troue le coeur. Ces personnes que l’on voudrait tuer et qu’on ne veut plus voir. Alors on boit, on boit pour oublier ce que l’on est, pour oublier notre malheur… En plus de boire, et beh on couche. Parfois on ne boit pas mais on couche quand même, où inversement. Le premier rapport c’est aussi l’acceptation de soi. L’acceptation de ce qu’on est. Certains couchent parcequ’ils aiment à la folie mais certains couchent aussi par ce qu’ils sont malheureux, toujours le même pbm… On couche pour jouir, parceque jouir c’est oublier tout ça… Je ne parlerai pas de la drogue, parceque j’ai pas du tout le goût =S
Bref, être ado c’est dur quoi. Ah non ! C’est pas dur, c’est douloureux… =)
Kafka dit : ” J’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrai penser, et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité.”